Jean Spinette
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Les maisons de repos en réseau ?

Le politique a-t-il intégré le boom démographique à Bruxelles ? Selon le chef de groupe PS au Parlement, Philippe Close, pas dans toutes ses composantes. Ce serait le cas en matières d’écoles et de crèches ; moins dans un autre secteur, celui des maisons de repos. Or, il risque d’« exploser ». Pourquoi ? « D’abord parce que les gens n’y auront plus accès. Le prix de séjour, même dans les institutions publiques, est hors de prix pour un tiers des résidents, qui font appel au CPAS. En parallèle, dans le cadre de la « silver economy », l’économie au service des personnes âgées, des groupes investissent dans les maisons de repos. Aujourd’hui, six sociétés détiennent 30 % du marché, soit 5.000 lits ».

Le mandataire socialiste veut allumer un voyant : « On risque d’échouer dans le secteur des maisons de repos et de soin, là où on a réussi dans le secteur hospitalier, avec la création du réseau Iris. C’est la voie à suivre ».

Créé il y a 20 ans par une ordonnance régionale, le réseau Iris rassemble 5 hôpitaux publics (Brugmann, Saint-Pierre, Hôpitaux Iris Sud, Huderf, Bordet) répartis sur 11 sites différents. L’idée était alors de bâtir un réseau de pointe en développant des synergies et une solidarité entre les différents acteurs. « On a réussi à mettre fin à une mauvaise gestion, estime Philippe Close, à améliorer l’accès au soin, à résorber un énorme déficit, améliorer la collaboration entre institutions… Aujourd’hui, Bruxelles est une des régions du monde où la médecine dispensée est une médecine de pointe et accessible à tous et où les déficits sont assainis. »

Ces « recettes », le PS plaide aujourd’hui pour qu’on les applique aux 26 maisons de repos et de soins – « mais pas forcément dans leur totalité ». « Il y a 4 choses qui peuvent faire plonger les communes, énumère-t-il : les zones de police, les budgets des CPAS par rapport aux allocataires sociaux qui en dépendent, les charges de pension du personnel et demain les maisons de repos et leur assainissement ».

Selon lui, le danger serait que, le public, incapable d’assumer financièrement les obligations de mise aux normes, abandonne la gestion de l’outil au privé, tandis que le CPAS financerait en partie le coût de la journée. « C’est un modèle dont on ne veut pas, martèle-t-il : il risque de mener à l’exclusion des populations qui n’auront pas les moyens d’assurer le paiement. Ne pas accompagner la vieillesse serait un échec pour notre société. Avec la VIe réforme de l’Etat, on est à un tournant : on ne pourra plus dire, on est le décideur mais pas le payeur puisque le payeur était l’Etat fédéral, puisque c’est désormais le bi-communautaire. La responsabilité repose désormais sur nos épaules. Établissons un plan de bataille ».

Président de la conférence des19 CPAS de la région bruxelloise, qui ont tous une maison de repos, Jean Spinette (PS) souhaite, lui aussi tirer la sonnette d’alarme : « On s’est battu pour faire du résidentiel une alternative aux maisons de repos, mais vivre à domicile n’est pas forcément toujours possible ». Et cela a un prix : 1.300 euros par mois en moyenne dans une maison de repos publique et de 1.700 euros par mois dans une maison privée. « Or, explique Jean Spinette, les maisons privées, c’est 70 % du marché. Cela signifie que c’est impayable pour toute une série d’aînés qui ont pourtant une pension. À cet égard, les pouvoirs publics ont donc un rôle à jouer en matière de régulation des prix ». Comment ? En créant des places, conclut Philippe Clos. On parle de centaines de millions. Ce plan de bataille doit être mis à la priorité de l’agenda politique. Il est aussi créateur d’emploi. Comme un hôpital ». On y revient.